Styles de mode des années 1960
Mode des années 1960 : une décennie où le style a trouvé une nouvelle voix
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Quand on pense à la mode des années 1960, les premières images qui viennent généralement à l’esprit sont les mini-jupes, les motifs audacieux, Carnaby Street et les couleurs vives. Ils appartenaient tous à cette décennie, mais ne racontent qu’une partie de l’histoire. La mode ne s’est pas soudainement réinventée le 1er janvier 1960. Les premières années restaient étonnamment familières.

Costumes sur mesure pour Femmes en 1965
Les Femmes continuaient de porter de magnifiques costumes sur mesure, des robes ajustées, des gants et des accessoires soigneusement choisis. Les garde-robes des hommes restaient fermement ancrées dans le tailleur traditionnel. Tout reflétait encore l’élégance et la finition qui avaient défini la fin des années 1950. Pourtant, sous cet extérieur soigné, les mentalités commençaient à évoluer.

Années 1960, ajusté pour l’élégance, la beauté et le confort
Une génération plus jeune remettait en question les anciennes idées sur le travail, les relations et la politique, et ces changements se reflétaient peu à peu dans les garde-robes. Les modes plus anciennes restaient populaires tandis que les nouvelles idées apparaissaient lentement à leurs côtés. Une jeune femme pouvait encore porter le manteau en laine sur mesure de sa mère mais l’associer à des collants colorés ou à une jupe audacieusement courte. Le changement arrivait souvent par petites étapes avant de devenir impossible à ignorer.

Manteau des années 60 avec revers croisés
La mode n’était qu’une partie d’une histoire bien plus vaste. Le Mouvement des droits civiques, le Mouvement de libération des Femmes, l’opposition croissante à la guerre du Vietnam et l’essor de la culture jeunesse encourageaient beaucoup à remettre en cause des idées longtemps ancrées. La musique devint aussi influente que les magazines de mode. Les jeunes hommes copiaient les costumes slim des Beatles, les cravates étroites et les bottines Chelsea à talons cubains, tandis que d’autres s’inspiraient des Rolling Stones pour un style moins soigné.

Les Beatles portant des costumes sans col
Au milieu de la décennie, l’attention commençait à se détourner de Paris. Pendant des générations, elle avait donné le rythme à la mode, mais Londres semblait soudain plus fraîche et bien plus excitante. Carnaby Street et King's Road vibraient de nouvelles idées. C’étaient des lieux où l’on venait non seulement pour acheter de la mode mais aussi pour voir ce que les autres portaient.
Une boutique incarnait particulièrement bien cette nouvelle ambiance. Biba de Barbara Hulanicki commença comme une entreprise de vente par correspondance avant d’ouvrir sa célèbre boutique à Kensington. Les clients faisaient la queue dehors pour acheter des modes abordables exposées sous un éclairage tamisé et des intérieurs inspirés de l’Art nouveau. Faire du shopping était devenu une expérience à part entière.

Mini-robe baby doll en coton par Biba 1967
Boutiques, photographes, musiciens et créateurs alimentaient cette énergie. Les vêtements n’avaient plus besoin d’être formels pour être stylés. Les jeunes Femmes pouvaient acheter des vêtements à la mode sans économiser pour la haute couture, et une simple robe droite paraissait souvent aussi contemporaine qu’une tenue élaborée de créateur.
Mary Quant devint l’une des créatrices les plus associées à cet esprit nouveau. Bien qu’elle soit souvent reconnue pour la mini-jupe, son influence allait bien au-delà. Elle créait des vêtements pratiques et jeunes pour des Femmes dont la vie devenait plus active. Les robes droites, les collants colorés, les imprimés ludiques et les pièces faciles à assortir convenaient aux Femmes qui voulaient des vêtements adaptés aussi bien au shopping, à la conduite ou à prendre le bus qu’aux sorties entre amies.

Robes droites
La mini-jupe devint l’un des symboles marquants de la décennie, bien qu’elle ne fût jamais toute l’histoire. Les ourlets montaient certes, mais les Femmes adoptaient aussi les pantalons, les chaussures plates et les pièces pratiques. Les vêtements devenaient plus faciles à porter, reflétant des vies souvent plus actives que celles de la génération précédente.

Pantalons pour Femmes des années 1960
Les tissus reflétaient cet appétit pour l’expérimentation. La laine, le coton, la soie et le lin restaient importants, notamment pour le tailleur, mais les fibres synthétiques devenaient de plus en plus courantes. Le nylon, le polyester, l’acrylique et le PVC introduisaient des couleurs plus vives, des textures inhabituelles et des tissus plus faciles à laver et à repasser. Le crimplene devint particulièrement populaire car il résistait au froissement, bien que les générations suivantes l’aient souvent moins apprécié. Avec le recul, c’est un de ces tissus qui évoque instantanément les années 1960.
Les fabricants furent tellement enthousiastes à propos des nouveaux matériaux qu’ils expérimentèrent même les robes jetables en papier. Généralement décorées de motifs géométriques audacieux ou d’imprimés pop art, elles devinrent une mode éphémère au milieu des années 1960. La plupart ne survécurent qu’à quelques utilisations, ce qui explique pourquoi les exemplaires originaux sont aujourd’hui rares.

Une robe en papier de Paco Rabanne
La technologie et la course à l’espace laissèrent aussi leur empreinte sur la mode. André Courrèges produisit des designs épurés et géométriques avec des tons blancs nets, des bottes blanches à talons bas et des détails futuristes qui capturèrent parfaitement l’optimisme de l’époque. Paco Rabanne poussa ces idées beaucoup plus loin, expérimentant le métal, le plastique et d’autres matériaux non conventionnels. Certaines de ses créations ressemblaient plus à des sculptures portables qu’à des vêtements quotidiens, mais elles remettaient en question les idées longtemps ancrées sur ce que pouvaient être les vêtements.
Yves Saint Laurent adopta une approche différente. Son travail resta élégant tout en redéfinissant discrètement les tenues de soirée féminines. Sa contribution la plus célèbre fut Le Smoking en 1966. Inspiré du smoking traditionnel, il offrait aux Femmes une alternative frappante aux robes de soirée et devint l’un des modèles emblématiques de la décennie.

Le Smoking - Smoking
Les Femmes portant ces modes devinrent presque aussi influentes que les créateurs eux-mêmes. Les mannequins n’étaient plus des visages anonymes dans les magazines. Twiggy, avec sa coupe courte, ses grands yeux et sa silhouette fine, devint l’un des visages les plus connus de la décennie. Sa célèbre coupe géométrique fut créée par Vidal Sassoon, dont les coupes précises transformèrent la coiffure féminine. Au lieu de passer des heures à coiffer et laquer leurs cheveux, beaucoup de Femmes pouvaient simplement les laver et laisser la coupe faire le travail. Jean Shrimpton représentait un look plus doux et naturel et aida la photographie de mode à s’éloigner des images soigneusement posées qui dominaient les années précédentes.

Jean Shrimpton
Hollywood continua de façonner les idées du glamour. Audrey Hepburn restait admirée pour son élégance sans effort, tandis que Brigitte Bardot introduisit un style décontracté et jeune qui influença les coiffures, les cosmétiques et les vêtements décontractés dans une grande partie de l’Europe.

Brigitte Bardot à Rome, 1969
Il est facile d’imaginer chaque Femme portant une mini-robe colorée à la fin des années 1960, mais les garde-robes étaient bien plus variées que cela. Les costumes sur mesure, les manteaux élégants et les pantalons slim restèrent populaires tout au long de la décennie. Beaucoup de Femmes continuaient de porter des styles qui n’auraient pas détonné quelques années plus tôt. En même temps, la silhouette douce en sablier des années 1950 céda progressivement la place à des lignes plus droites et simples, notamment dans la robe droite de plus en plus populaire.
Vers la fin de la décennie, le mouvement contre-culturel commença à marquer la mode. Les jeunes attirés par les festivals de musique, les modes de vie alternatifs et l’activisme politique adoptèrent les vêtements faits main, les influences ethniques, les vêtements de surplus militaire et les tissus naturels. Les pantalons évasés, les blouses brodées, les manteaux afghans, les vestes en daim à franges et les vêtements amples apparurent aux côtés de la mode grand public, donnant aux dernières années de la décennie un aspect très différent de son début soigné.

Robe droite des années 1960
Les vêtements des hommes évoluèrent tout aussi nettement. Le costume traditionnel resta important, mais les jeunes hommes s’inspiraient de plus en plus de la musique populaire. Les Beatles popularisèrent les costumes ajustés, les cravates étroites et les vestes sans col, tandis que le denim, le daim, les polos et les vestes en cuir devinrent des favoris du quotidien.

Veste en cuir Brimaco des années 1960
La culture jeunesse américaine laissa aussi sa marque. Les styles Ivy League, comprenant chemises à boutons, chinos, mocassins et pulls tricotés, devinrent largement admirés. Les vêtements décontractés gagnèrent du terrain, et les garde-robes devinrent moins formelles qu’elles ne l’avaient été dans les années 1950.

Style Ivy !
En 1969, il n’y avait pas un seul look à la mode. Sur la même rue commerçante britannique, on pouvait voir un employé de banque en costume mohair soigné, une secrétaire portant une robe droite inspirée de Mary Quant et un étudiant en pantalon évasé brodé et veste en daim à franges. Tous semblaient parfaitement à leur place dans la même décennie.
Avec le recul, la plus grande différence entre les années 1950 et 1960 n’était pas simplement des jupes plus courtes ou des couleurs plus vives. Les règles s’étaient assouplies. L’élégance comptait toujours, mais ce n’était plus la seule mesure d’un bon style.
Les gens mélangeaient les favoris anciens avec les dernières modes d’une manière qui aurait semblé inhabituelle quelques années plus tôt. Une veste sur mesure pouvait être portée avec une mini-jupe, tandis qu’un manteau vintage pouvait cohabiter confortablement avec des bottes neuves de Carnaby Street. Peu importait que tout soit assorti au sens traditionnel.

Années 1960. Costumes et mini-jupes
Peut-être est-ce pour cela que les vêtements originaux des années 1960 paraissent encore si distinctifs aujourd’hui. Un manteau Courrèges, une petite robe droite Mary Quant, une paire de bottes blanches en PVC ou une veste afghane brodée à la main capturent chacun un aspect différent de la décennie. Ils ne semblent rarement anonymes. En parcourant une collection de vêtements originaux, on peut presque voir la société changer une tenue à la fois. Certains pièces sont élégantes, d’autres ludiques, et quelques-unes semblent merveilleusement peu pratiques, mais ensemble elles racontent l’histoire d’une période où la mode devint plus variée que jamais. Il n’y avait pas une seule bonne façon de s’habiller, et c’est peut-être le plus grand héritage de cette décennie.